>>>>Quand l’abeille perd ses repères

Quand l’abeille perd ses repères

Lorsqu’une abeille est exposée à des pesticides, elle est perdue. Elle ne sait plus retrouver sa ruche ou ses champs de fleurs… Perturber les repères est le moyen favori de s’assurer pouvoir et profits. Le 9 décembre 2010, la Société d’Addictologie Francophone organisait à l’Hôpital Sainte Anne à Paris une journée sur un thème assez provocateur: «Vérités, croyances et mensonges en Addictologie» . J’ai proposé un exposé.

Il a été accepté malgré son titre sulfureux: «Croyances, Manipulations et Mensonges en matière de tabac» On peut trouver sur mon site www.tabac-humain.com le texte de cette intervention tel qu’il paraîtra avec l’aimable autorisation de la rédaction dans un prochain numéro du « Courrier des Addictions ». Sur cette page, on trouve également la présentation powerpoint de cet exposé, et son enregistrement .mp3, qu’on peut écouter tout en faisant défiler la présentation.

Car s’il est un domaine où la désinformation règne, c’est bien celui-là. Les premiers mis en cause ont été évidemment les tabagiers. Leurs affiches continuaient à affirmer que les Camel® ou autres étaient recommandées par les médecins, alors même que se précisait la lourde responsabilité des cigarettes dans nombre de maladies. C’est eux également qui ont fait croire à la quasi-innocuité de leurs cigarettes légères. Et pourtant, alors qu’il est démontré depuis 25 ans qu’elles ne sont légères que pour la machine à fumer, sans aucun intérêt pour prédire ce qu’absorbe un fumeur, l’Union Européenne continue curieusement à édicter des limites de rendements-machine en nicotine, goudron et CO. Cautionner ainsi objectivement l’arnaque des tabagiers jette un sérieux doute sur la compétence, voire l’indépendance des « experts » dont s’entoure l’UE.

L’industrie pharmaceutique est aussi championne de la désinformation profitable. Avoir réussi à mettre dans la tête des médecins, du public et du législateur que la nicotine expliquait à elle seule la dépendance au tabac est une performance. Exclusivement destinée à promouvoir les soi-disant « substituts nicotiniques », elle ferme ainsi la porte à toute recherche sérieuse indépendante sur les facteurs de cette dépendance. Mais sa véritable prouesse est d’avoir transformé en catimini la définition du tabagisme passif. C’était le risque encouru par un non-fumeur exposé à la fumée des autres. Désormais, vous êtes un fumeur, fumant seul dans son studio : Comment ne pas respirer l’air de ce studio que vous enfumez? Vous voilà donc une nouvelle victime du tabagisme passif ! Cette entourloupette, sponsorisée par Pfizer et GSK, multipliant par 5 les décès à lui attribuer, a permis la vague mondiale de répression des fumeurs, comme je l’ai montré dans cet article qu’on peut consulter sur Altertabacologie.

Mais elle a hélas par réaction donné un nouvel élan au développement du tabagisme. Pour les Croisés anti-tabac, par idéologie ou par intérêt, le tabac est le diable. Son industrie doit être détruite. Ils applaudissent aux procès ruineux contre elle. Or elle ne fait que répondre à une demande. S’ils arrivaient à leurs fins, la demande exigerait d’être satisfaite, elle préexistait à l’industrie. Nul doute que les dollars des firmes tabagières, à travers des paradis fiscaux, s’investiraient en productions délocalisées dans des pays complaisants. Elles alimenteraient une contrebande génératrice de délinquance mafieuse, tout en privant les fumeurs de tout contrôle de qualité, et les États de ressources fiscales. Quant au fumeur, il est possédé du démon. Il faut l’exorciser, le stigmatiser, l’exclure, le punir par où il a péché en lui faisant payer si cher pour son vice qu’il sera socialement détruit. Alors on augmente le prix des cigarettes. Cela stimule la contrebande, mais ne marche pas. On détruit l’Homme-possédé. Le démon demeure. On clame alors à l’envi que c’est parce que l’augmentation n’est pas assez forte, ni assez fréquente. Pourtant, depuis 30 ans que cette politique est menée, la prévalence du tabagisme devrait être plus faible dans les pays où le prix des cigarettes, ajusté au pouvoir d’achat, est le plus élevé.

Il n’en est absolument rien, il n’existe aucune relation entre la prévalence du tabagisme et les prix dans les 27 pays de l’UE:

Abeille_Prevalence_prix_2009

Prévalence du tabagisme en fonction du prix en Europe

Persévérer dans ces erreurs est extrêmement dommageable pour la santé publique. Ces gens sont dangereux.

Par |2016-11-09T11:45:50+02:0022 décembre 2010|Catégories : Alter-tabacologie|0 commentaire

A propos de l'auteur :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.